Confrontation ? Non, rencontre

Une des chances de l’Année de la vie consacrée, telle que l’Église nous invite à la vivre, est de permettre la rencontre entre les différentes vocations : pouvoir s’émerveiller de ce que le Seigneur inspire aux autres, comme eux s’émerveillent sans doute en voyant les traces de l’Esprit dans ma vie. En confrontant ce qui nous unit et ce qui nous différencie, nous percevons mieux la beauté de notre vocation propre et ce qu’elle représente comme don de Dieu, tout comme nous entrons aussi dans la beauté de la vocation de l’autre. Chemin d’action de grâces et de compréhension mutuelle…

Le diocèse de Saint-Denis

Le diocèse de Saint-Denis

Le diocèse de Saint-Denis – tout proche de Paris – a vécu une telle rencontre lors du lancement de l’Année de la vie consacrée. Le 30 novembre dernier, Marie, Catherine Désirée et Marie-Claire ont témoigné de ce qu’était leur vie. Trois témoignages très différents mais avec des « notes » communes:

Tu m'as séduite...

Tu m’as séduite…

Tout d’abord : le primat du Christ. Marie l’exprime de manière radicale: « Dans la vie consacrée, le Christ est l’unique. Il n’y en pas d’autre. C’est à cause de lui que j’ai fait ce choix. Il est ma joie, j’ai l’assurance qu’il peut combler ma vie. » Et Marie, qui appartient à l’Institut séculier du Cœur de Jésus (et oui, c’est bien le nôtre !), de conclure, citant Jérémie : « Tu m’as séduite et je me suis laissée séduire » (Jr 20,7).

Ma livrer par amour

Me livrer par amour

Il est probable que Catherine Désirée et Marie-Claire se retrouveraient dans cette parole, mais le témoignage de Catherine Désirée, religieuse des Servantes de Marie de Douala, met en évidence la façon dont le Christ est source dans une mission exigeante auprès des plus pauvres – les demandeurs d’asile – : « Suis-je prête à livrer mon corps, à me laisser manger par amour pour le Christ ? »  Oui, pour elle, c’est en Lui qu’elle trouve les forces pour aller de l’avant.

La joie de sa présence

La joie de sa présence

Quant à Marie-Claire, de la communauté apostolique Saint-François Xavier, elle retient la joie de la fraternité crée par la présence du Seigneur au milieu des siens : cette joie rayonnante provenant « d’une source intérieure, d’un cœur habité par la présence de Dieu, d’un corps apostolique vivant d’une même inspiration« . Et c’est la prière – oraison, Eucharistie ou prière du soir -, relation vivante avec le Seigneur, qui ravive cette joie.

Cependant, ne fut-ce qu’à travers la façon de parler de la source qu’est le Christ pour chacune, on perçoit les différences de leur vocation. Il n’est pas étonnant que, membre d’une communauté apostolique, Marie-Claire soit si sensible à la joie de la fraternité dans la communauté. Il semble naturel que Catherine Désirée cherche en son Seigneur celui qui permet de se donner entièrement aux autres. Quant à Marie, membre d’un institut séculier où chacune vit seule dans le monde, elle met en exergue comment Dieu est celui qui lui permet d’unifier sa vie.

Alors, si le primat du Christ est si visible dans chacune de ces vies consacrées, mettant bien des points communs entre Marie, Catherine Désirée et Marie-Claire, leurs brefs témoignages manifestent des manières différentes de se situer dans le monde : Marie est bien fidèle à l’esprit de l’Institut séculier du Cœur de Jésus en exprimant son désir d’être au cœur du monde avec le cœur de Dieu, Catherine Désirée qui, après des années d’enseignement, accompagne des demandeurs d’asile, rejoint le projet de sa congrégation des Servantes de Marie de Douala de servir à la manière de Marie. Enfin, chez Marie-Claire, de la communauté apostolique Saint-François Xavier, son témoignage manifeste de manière forte son impossibilité à séparer la vie de communauté – avec ses joies et ses exigences – de la vie apostolique.

Confrontation, avez-vous dit ? Non, rencontre – et vraie rencontre.

Pour retrouver l’intégralité de ces témoignages : http://saint-denis.catholique.fr/actualites/lancement-de-lannee-de-la-vie-conscree-temoignages